Prendre soin des repas de la personne âgée dysphagique

Le repas, un plaisir… thérapeutique, plein d’aléas

Des attitudes et des comportements soignants

Tout comme il difficile, sinon impossible, de modifier notre apparence générale, notre taille ou la couleur de notre peau, notre corps véhicule nos sentiments et nos réactions en présence des autres.

Par son attitude corporelle et ses mouvements, toute personne transmet ce qu’elle ne peut ou ne veut pas dire par des mots.

La personne âgée est à l’affût des expressions que peuvent révéler le regard du soignant, sa voix et son attitude car elle sait d’expérience que si la parole prend le risque de mentir, le corps lui, ne ment pas :

  • Avant toute chose, la qualité du regard va créer le contact : en échange et parfois en partage. Un regard soutenu traduit selon les circonstances, l’agressivité, l’amour, l’attirance ou l’intérêt ; un regard fuyant est souvent indice de culpabilité ou crainte ; un regard fixe et des muscles faciaux immobiles indiquent la froideur. Il est convenu de fixer des yeux une personne qui nous parle : cela indique l’intérêt qu’on lui porte et l’encourage à poursuivre ; en détournant les yeux, nous indiquons plutôt l’ennui ou le désir de prendre nous-mêmes la parole.
  • Ensuite, le ton de la voix (reflétant les émotions) du soignant va accompagner les mots : les mots peuvent exprimer un message mais le ton transmettre le contraire. Si la voix n’est pas sincère, la personne âgée mettra en doute la crédibilité du message.
  • Enfin, rien n’est plus réconfortant que le sourire : le sourire du soignant est contagieux, c’est une porte ouverte pour communiquer. Il donne au visage son caractère d’accueil. Priver quelqu’un de signaux de reconnaissance par l’indifférence c’est l’isoler, le dévaloriser ; or les émotions (joie, peine ou anxiété) influencent l’appétit de vivre. Si on doit aider à faire manger la personne, s’asseoir est un impératif.

Ne jamais faire manger une personne en restant debout : la personne ne voit pas votre visage et est agressée par un objet métallique descendant du ciel, passant devant ses yeux, venant cogner sa lèvre supérieure… alors que normalement quand elle mange le premier contact est avec la lèvre inférieure.

  • Placer la personne en bout de table ;
  • S’asseoir en se plaçant sur le petit coté (à droite ou à gauche selon que l’on est droitier ou gaucher) ;
  • Tenir doucement sa main ;
  • Appuyer avec la cuillère sur sa lèvre inférieure.
  • La posture en écho, tête inclinée de côté, cherche à éveiller l’attention du Résident, facilite l’échange. Cette attitude traduit l’image d’une écoute accueillante

Le message silencieux transmis par cette posture permet de témoigner à l’autre des signes de reconnaissance, lui montre qu’il n’est pas seul et qu’il ne nous est pas indifférent.

Le lien corporel a recours aux gestes de la main, par lesquels on ajoute à la parole un appui physique. Des contacts légers sur la main, le bras ou l’épaule du soigné jouent ce rôle essentiel de trait d’union dans la communication.

  • La main est touchée en premier lieu car elle a toute la vie initié une rencontre, lors d’une poignée de main.
  • Le visage est l’identité même du Résident : la caresse ou le baiser donné sur les joues propres l’atteint au plus profond, éveillant une sympathie émouvante.
  • Toucher pour communiquer est acte de sensualité, nourriture affective aussi indispensable et agissante que toute autre nourriture. Acte de désir et de plaisir celui d’être vivant, de le dire.

à continuer…

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